Concert donc dont je ne pourrai vous gratifier de croustillants commentaires puisque je n'ai même pas fait le déplacement. L'idée d'entendre "Eve lève toi" en boucle pendant une heure me fait autant envie que de me casser l'autre cheville. Je pourrai juste préciser qu'elle a chanté pendant soixante minutes et qu'il aura fallut autant de temps pour qu'elle se remaquille (car aux dires d'un camarade, elle ne s'est pas changée). Ma condition physique amoindrie me permet tout de même de passer un peu avant les autres. Et là encore, Julie prouve qu'elle n'a décidément aucune limite puisque pour avoir le droit à un autographe, il faut avoir une photo. Photo qu'il faut acheter, oui oui j'ai bien dit acheter, auprès de son manager qui ... comment vous le décrire ? ... est un mélange de Cerrone, Orlando, Mike Brant et ... Julie Piétri justement. Imaginez le tableau. Heureusement que j'avais préparé ma photo.
Je sais je suis méchant. Et pourquoi tant de haine me direz vous ? J'ai eu ma signature (plutôt jolie en plus), elle n'a pas été désagréable. Mais il n'y a pas à dire : vendre des photos (à un prix déraisonnable en plus), hésiter avant de signer un autographe à une petite fille car elle n'en avait pas justement et ... refuser ma photo souvenir. Ah oui ... c'est peut-être ça la raison. Je n'ai pas eu de pose avec elle, trop pressée d'aller manger, et trop fatiguée sûrement après ... une heure de show à l'américaine qu'on imagine de folie.
Alors pourquoi ? Pourquoi être presque triste de ne pas avoir eu de photo ? Que m'arrive-t-il pour tomber si bas ? J'ai eu Jean Reno, Daniel Auteuil, Gérard Jugnot, Carole Bouquet et je suis frustré de pas avoir Julie Piétri. C'est une nouvelle fois le questionnement sur les motivations de cette passion. Qu'est-ce qui me fait courir (ou béquiller en ce moment) derrière les stars ? Paraphrasant Belmondo, je me suis dit vers quelle chimère cours-tu ?
Les stars, je l'ai déjà dit, sont l'éclaircie dans la grisaille. Ils n'ont aucun intérêt, aucun rôle sinon celui de divertir. Je ne me suis jamais moqué des fans. Je n'ai jamais rit devant une fille qui pleurait parce que Bill de Tokyo Hotel lui avait touché la main, jamais devant un homme qui à soixante ans passé décore sa maison avec des posters de Johnny. Tous ces gens ne sont pas fans par hasard. Ils ont tout un manque à combler. Je suis intimement persuadé que quelqu'un de fondamentalement heureux ne peu perdre du temps à collectionner ou à idolâtrer.
La passion, la collection, l'idolâtrie c'est la recherche du petit plus qui effacera le gros moins. Quand ça marche, on pense toucher les étoiles et le sourire revient. Quand on échoue c'est l'incompréhension. La moindre petite faiblesse est un malheur. C'est sûrement pourquoi ce soir j'ai mal au c½ur d'avoir manqué une photo avec Julie Piétri ...




