Cette fois, c'est proche de chez moi, trop peut-être, il n'y a pas d'appréhension comme à l'accoutumée. De même qu'à Pléneuf, il n'y a pas besoin de mettre en place un véritable plan épervier pour approcher la star, il suffit juste de monter au bar du casino après le spectacle.
Pas de froid dehors (ou quelques instants mais qu'est-ce à côté des heures d'attente de Pierre Richard ou de Nicolas Canteloup ?) et aucune attente insupportable à endurer. La comédienne arrive toute souriante, un peu trop pour être vrai d'ailleurs. Elle rétorque à un gentleman lui demandant une bise "c'est tout ce que je déteste, faire la bise à quelqu'un qu'on ne connaît pas, c'est sans intérêt !". Avouons que cela est assez vrai - et je n'ai d'ailleurs jamais fait de telle demande - mais le pauvre étant bien mal à l'aise après cette reflexion publique.
Quant à moi, je ne me souviens même plus qu'elle m'ait adressée la parole. Le genre de rencontre qu'on attend (Véronique Jannot est réputée très gentille) et puis, une fois passée, qu'on oublie aussitôt.
Masochiste ou espérant ? Le fait est que je ne garde pas un bon souvenir de cette rencontre. Aurait-il fallut galérer dans le froid et dans la nuit, courir comme un perdu, comme si ma survie dépendait de cette rencontre pour avoir cette - rare - illumination, cet instant qui vous fait l'impression d'une oasis dans le désert ? Ou étais-je simplement heureux ce jour là, bienveillant, l'esprit léger et apaisé et que je n'avais besoin de rien ni personne pour me redonner le sourire, et que de me rendre là, à attendre une star, ne pouvait rien m'apporter, sinon le désagrément ?
La curieuse quête de la raison de mes besoins de rencontres avec les stars est loin d'être élucidée mais peut-être avais-je trouvé, grâce à Véronique Jannot - et donc finalement cette rencontre était utile - quelques éléments de réponse ...




